Les différentes églises protestantes

Au cours des siècles qui ont suivi la Réforme, les mouvements luthériens, zwingliens ou calvinistes vont donner naissance à de nouvelles Eglises ou congrégations confirmant ainsi la nature pluraliste du protestantisme. Mais c’est essentiellement le calvinisme qui devient le porte drapeau des idées nouvelles et qui, en certains lieux, freine l’expansion du luthéranisme, le faisant parfois reculer pour le cantonner dans les provinces de langue allemande et d’Europe du Nord.

  1.  Les Luthériens
  2.  Les Anabaptistes ou Mennonites
  3.  L’Anglicano Protestantisme
  4. Les Baptistes
  5. Les Quakers
  6. Le Piétisme
  7. Le Protestantisme français
  8. Les réveils du XVIIIème

 Les Méthodistes

 Les Eglises protestantes particulières

Les Luthériens

 Dès 1520, les idées de LUTHER sont adoptées par plusieurs principautés allemandes et gagnent l’Europe du Nord avec comme prédicateurs le moine Haus TAUSEN au Danemark et les frères Olaf et Laurent PETRI en Suède et en Finlande. LUTHER meurt en 1546 et en 1555 à la paix d’Augsbourg le principe de deux confessions coexistant au sein de l’Empire est accepté. C’est le principe du cujus regio-ejus religio.

Table des matières

 

Les Anabaptistes ou Mennonites

 

En 1525, à Zurich des partisans de ZWINGLI créent une communauté indépendante du pouvoir civil qui refuse de prêter serment à ce pouvoir, refuse le port d’armes et le baptême des enfants (d’où leur nom d’anabaptistes) et croit devoir profondément modifier son mode de vie pour cheminer à chaque instant avec le Christ. Pourchassés par les autorités, ils se réfugient dans les montagnes du Jura bernois puis en Hollande. Leur chef MANZ est noyé «ayant péché par l’eau».

En Europe du Nord ils rencontrent MENNO Simons (1496-1561) qui devient leur pasteur et organise le mouvement anabaptiste. On les connaît depuis sous le nom de mennonites. Ils sont aujourd’hui 850000 implanté à travers toute l’Europe, la Russie et surtout les Etats Unis.

Certains de leurs membres conservateurs, très proches des principes initiaux des anabaptistes, refusent la modernité qu’elle soit médicale, agricole ou industrielle. Ce sont les amishs disciples de Jacob AMMANN (1644-1730), d’origine bernoise, fondateur de leur communauté. Ces communautés sont très vivantes en Amérique du Nord et en Argentine. Leur production agricole très recherchée est une source de revenus confortables et leur espèrance de vie est l’une des plus longues au monde.

Table des matières

 

L’Anglicano Protestantisme

 

En Angleterre au XVIIème siècle, Charles Ier tente de rétablir le pouvoir absolu, un épiscopat et un culte proches des idées romaines entretenant des relations étroites avec le pape. Les presbytériens, anglicano-protestant, partisans du parlement, obtiennent l’annulation de ces mesures. Puis les armées du roi sont défaites par CROMWELL à la bataille de Naseby en 1645. Charles Ier est alors jugé et mis à mort.

 

Les presbytériens anglais constituent une tendance puritaine de l’Anglicanisme très inspirée par WICLIFFE et les lollards. Ils valorisent le rôle des anciens, ne reconnaissent aux évêques qu’un rôle d’administrateurs, insistent sur l’importance de la prédication, diffusent des idées sociales égalitaires, apprennent à lire à leurs ouvriers, veulent la liberté de l’individu et encouragent la dislocation des liens féodaux : «Lorsque Adam bêchait et Eve filait qui donc était gentilhomme?». Ils créent de petites communautés et certaines tentatives de distribution des terres sont faîtes.

Avec eux, l’histoire n’est plus une lente dégradation depuis les temps anciens jusqu’à nos jours avec pour seule espérance un monde meilleur dans l’au-delà mais le début du Millenium.

Le Millenium est une période de mille ans où les hommes, membres de la «La vraie Eglise» doivent améliorer, jusqu’à la perfection, le monde dont ils sont responsables devant Dieu afin d’assurer le triomphe de cette Eglise dans l’attente du retour du Christ.

Des presbytériens dits indépendants sont contre une église d’état et donc pour la séparation des pouvoirs. Ces indépendants, très imprégnés de calvinisme, forment le gros des troupes de CROMWELL.

Certains de ces presbytériens puritains s’exilent au début du XVIIème siècle en Hollande pour fuir les persécutions du pouvoir royal et de l’Eglise d’état, ce sont les puritains congrégationalistes. Douze ans après, en 1620, ils partent dans les colonies anglaises d’Amérique du Nord et fondent New Plymouth au cap Cod. Ils ne survivent que grâce à l’hospitalité des indiens qu’ils considèrent pourtant comme une race maudite par Dieu. C’est l’épopée du MAYFLOWER des pères pèlerins. Quelques années plus tard en 1630, une deuxième vague d’émigration puritaine gagne l’Amérique s’installe dans la baie du Massachusetts et donne naissance, au gré de dissidences diverses, à de nouvelles congrégations dont les baptistes et les quakers.

Table des matières

 

Les Baptistes

 

Roger WILLIAM (1600-1684) défend «deux hérésies» : la première affirme les droits des Indiens, la seconde dénie au magistrat des pouvoirs de répression ecclésiastique largement utilisé par les puritains congrégationalistes. Il préfère un second exil et fonde le Rhode Island berceau du baptisme américain.

Table des matières

Les Quakers

 

En 1682, William PENN (1644-1718), disciple de Georges FOX (1624-1690) le fondateur des quakers, fonde la Pennsylvanie. Très libéral sur le plan religieux, il garantit la liberté de conscience et favorise l’émigration des frères moraves, des baptistes et des mennonites et l’amitié avec les indiens. Les particularismes sont acceptés comme le refus des quakers et des mennonites de porter les armes.

Table des matières

 

Le Piétisme

 

En Allemagne le piétisme est le pendant du puritanisme anglais. Le pasteur luthérien Philip Jacob SPENER (1635-1705), né en Alsace, fait une sévère critique de la société luthérienne de son temps et propose la création au sein des paroisses de conventicules où se développerait une véritable vie spirituelle grâce à la lecture de la Bible, le sacerdoce universel et l’expérience religieuse personnelle plus importante que l’adhésion à un credo. Le but est une «conversion» acquise à travers une crise profonde, marquée par une phase de désespoir suivie d’une soudaine effusion de la grâce dont on rend compte publiquement en particulier par un christianisme d’action au sein d’oeuvres ou de missions…

Table des matières

 

Le Protestantisme français

 

En France, l’édit de Nantes 1598, puis sa révocation 1685 vont donner naissance à une résistance protestante qui est le fait d’une Eglise sans clerc animée par de jeunes prophètes et prophétesses, surtout active dans le midi de la France et les Cévennes. Le 21 août 1715, quelques semaines avant la mort de Louis XIV se tient le premier synode de l’Eglise clandestine. Dès l’assouplissement des mesures prises contre ceux de la R.P.R. (Religion Prétendue Réformée), Antoine COURT (1695-1760) reconstitue en 30 ans les Eglises réformées de l’Ouest et du Midi de la France.

Table des matières

 

Les réveils du XVIIIème

 

Ce terme provient de l’expression anglaise revival of religion. Les revivalistes cherchent à donner une nouvelle impulsion à une Eglise, qui pou eux, au fil du temps s’enferrme dans une certaine routine et oublie ce pourquoi elle est faite. De tous les réveils l’américain sera le plus actif favorisant une certaine promotion féminine. Les femmes fondent des écoles, prêchent, commentent l’écriture…

Les assemblées du réveil sont toutefois souvent marquées par des phénomènes de prostration physique, de larmes, de cris de douleur ou de joie, de frémissements convulsifs attirant par-là même l’hostilité des Eglises installées. Dans les pays anglo-saxons on désigne les membres de ces groupes sous le terme d’evangelical (ce terme au XVIème en Allemagne désignait l’ensemble des protestants : evangelish).

Table des matières

 

Les Méthodistes

 

Des réveils du XVIIIème naissent des Eglises.

WESLEY (1703-1791) fonde le mouvement méthodiste vers 1744 qui ne diffère pas pour l’essentiel du protestantisme luthérien classique mais qui insiste sur la sanctification par les oeuvres. WESLEY est un lecteur du catholique François de Sales. A la fin du XIXème siècle le mouvement méthodiste donne naissance à l’Armée du Salut.

En Amérique le Grand Réveil Américain (The Great Awakening) favorise les mélanges ethniques et inter religieux et contribue à la révolution américaine et influence la rédaction de la Déclaration d’Indépendance de la Confédération Américaine. Plusieurs de ces états rédigent des déclarations des droits qui préfigurent la déclaration française de 1789.

En France, le Réveil est un élément fondamental de la restructuration du protestantisme français avec Frédéric MONOD (1794-1863) et son frère Adolphe MONOD (1802-1856). Il reprend les thèmes issus de la Réforme et de l’héritage piétiste : corruption de l’être humain, sacrifice de Jésus Christ satisfaisant la justice de Dieu, expression de la Parole de Dieu dans l’Ecriture, conversion du coeur et nouvelle naissance pour l’être humain et l’Eglise assemblée des croyants dont seul le Christ connaît les limites.

Ces réveils se caractérisent par leurs engagements social et politique. Leur lutte contre le travail des enfants et l’esclavage des gens de couleur, l’émancipation des femmes, leur accès à différentes responsabilités, en particulier celle de prêcher réalisée dès 1848 chez les Quakers….

Table des matières

 

Les Eglises protestantes particulières

 

En France, ces Eglises ne sont pas affiliées à la Fédération Protestante de France.

Dans le courant du XIXème siècle et durant le XXème siècle, surgissent aux Etats Unis des Eglises particulières et sectaires qui s’éloignent de la révélation chrétienne et de l’éthique protestante.

 

L’Adventisme

 

L’Adventisme naît d’un terreau baptiste. William MILLER, un fermier autodidacte, prédit le retour du Christ pour 1843-1844. Il rencontre un grand succès et malgré la non réalisation de sa prédiction son mouvement persiste.

 

L’Adventisme du 7ème jour

 

L’Adventisme du 7ème jour en est la branche la plus importante. Elle est fondée par une femme Ellen G.WHITE née HARMON qui affirme avoir reçu du ciel l’explication des prophéties bibliques. Cette Eglise se caractérise par l’observation du repos le samedi, le versement de la dîme et une réforme sanitaire.

 

 

Le Pentecôtisme

 

Le Pentecôtisme apparaït en 1901 avec Agnès OZMAN et le pasteur noir baptiste William J. SEMOUR qui lui donne sa dimension internationale. Le pentecôtisme se livre à un savant dosage entre «la liberté de l’esprit» qui se manifeste chez certains membres qui prophétisent, «parlent en langue» et édifient la communauté, et la référence au texte biblique qui permet de canaliser et de rendre intelligible cette effervescence charismatique.

 

L’Eglise Re-Réformée

 

L’Eglise Re-réformée de Hollande fondée par le pasteur et homme d’état contre-révolutionnaire Abraham KUYPER (1837-1920) préconise un calvinisme strict et se caractérise par des positions très fermes contre l’avortement.

 

Les Eglises évangéliques fondamentales

 

Des Eglises évangéliques fondamentalistes naissent aux Etats Unis en 1909. Elles s’attachent à la conversion personnelle, à l’importance du sacrifice expiatoire du Christ, à l’enfer…. Elles apparaissent comme des Eglises conservatrices et ont été pourtant les premières à nommer une femme pasteur en France en 1929. Leur liturgie est proche de celle des Pentecôtistes ou Assemblée de Dieu.

 

Le Klan

 

Le Klan manifeste aux Etats Unis un racisme protestant qui permet de ne plus assumer la mobilité sociale et idéologique généralement favorisée par l’éthique protestante. Cette attitude est retrouvée chez les blancs d’Afrique du Sud ou encore les protestants d’Irlande du Nord et rappelle la bonne conscience raciste des pères pèlerins du Mayflower. Elle n’a aucun fondement biblique et répond à des aspirations inacceptables d’ordre politique et colonialiste.

 

Le «protestantisme antiraciste»

 

A l’inverse du Klan un protestantisme antiraciste s’affirme ou s’est affirmé avec l’évêque Anglican Desmond TUTU ou le pasteur noir américain Martin LUTHER KING.
Aujourd’hui, à travers le monde, les protestants seraient au nombre de 350 à 400 millions.